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Noël au resto vegan Antidote: Abus de pouvoir et congédiement par textos.

Noël approche peut-être à grands pas, mais ça ne va pas dire pour autant que nos boss vont arrêter de nous traiter comme de la marde. Sarah nous a envoyé le texte suivant suite à son congédiement et c’est avec toute notre solidarité que nous le publions, car comme elle le dit : « On doit se serrer les coudes. »

Bonjour, mon nom est Sarah et je suis étudiante. On est une semaine avant Noël et au lieu de me réjouir pour le temps des fêtes, j’angoisse à l’idée de me retrouver à la rue pour l’hiver.

Jusqu’à mercredi dernier le 13 décembre 2017, je travaillais comme plongeuse au restaurant « Antidote Bouffe Végane» et j’adorais ça. Je faisais bien mon travail et je m’entendais très bien avec chacun-e- s des employé-e- s. Lorsque j’ai été engagée le 18 septembre 2017, j’étais juste tellement heureuse à l’idée de ne plus avoir à vivre dans ma voiture avec mon chien et enfin pouvoir me trouver un loyer, et ce même si j’étais payée au salaire minimum. Mon ancienne patronne, Élise Bellerose, dirige ce restaurant à l’aide de son bras droit, Arielle La Jardinière. Environ un mois avant mon congédiement, cette Arielle s’est faite donner comme mission par Élise de prendre le restaurant en charge lorsqu’elle est absente ou au spa. Je crois qu’elle a vu par là une façon d’acquérir un certain pouvoir ainsi qu’une
bonne réputation aux yeux de la patronne.

Tranquillement, Arielle s’est mise à installer un climat d’intimidation dans le restaurant, quasiment tou-te- s les employé-e- s ont commencé à recevoir des menaces de congédiement pour des raisons qui n’étaient pas valables ou même vraies. Tout ce qu’on faisait ou disait pouvait être retourné contre nous. Lorsqu’Élise venait nous parler, c’était pour nous reprocher des choses dont elle n’avait connaissance que par les ouï-dire d’Arielle. On marchait sur des œufs. Certain-e- s d’entre nous allaient même jusqu’à faire semblant de sympathiser avec Arielle par peur de perdre leur emploi, même si à plusieurs reprises des employées et moi-même (une fois) se sont faites traiter de « salope » par elle, sous prétexte que c’était une blague. Un autre plongeur adoré de tou-te- s a donné sa démission parce qu’il refusait de se faire parler comme un moins que rien. On a essayé d’en parler à Élise, mais elle n’a rien voulu savoir.

Environ une semaine avant mon congédiement, je suis sortie de la cuisine pour voir s’il y avait de la vaisselle sale en avant ainsi que pour aller remettre du papier de toilette dans la salle de bain, car c’est mon travail. Cette journée -là, Élise était absente, mais Arielle était là. En me dirigeant vers la salle de bain, elle m’a dit : « Viens ici Sarah. » . Déjà là,je savais que ça s’annonçait mal. Elle me dit ensuite d’un ton arrogant : « Vas donc laver ton petit coin en arrière!! T’as pas d’affaire en avant ! »

J’étais vraiment insultée et je lui ai répondu que ça n’avait pas rapport et je n’étais pas d’accord de la façon dont elle me parle; surtout qu’elle n’a aucune idée des taches que je dois faire. Environ deux heures plus tard dans la même soirée, j’ai trois amis qui sont venus manger au restaurant et en retournant en avant pour aller chercher des verres sales, je passe devant eux et ils me demandent ce qui est bon sur le menu. Je m’arrête une minute pour les conseiller et une serveuse vient directement me voir pour me dire de ne pas faire ça, que je dois faire attention, car Arielle lui a dit qu’elle m’avait à l’œil et qu’elle allait dire à Élise que je perdais mon temps.

Je suis donc retournée dans la cuisine, j’étais en colère et j’étais tannée de ce climat de peur dans le restaurant. J’ai décidé de texter ma boss. Une cuisinière m’a déconseillé de le faire pour ne pas perdre mon emploi. Mais je savais qu’Arielle allait dire à ma boss que je travaillais mal, alors il fallait que je défende mon point. Je lui ai écrit que je ne
comprenais pas pourquoi Arielle avait cette attitude avec moi et que s’ils n’aimaient pas mon travail à ce point, j’aimerais bien être au courant. Elle ne m’a jamais répondu, mais le lendemain matin, elle a accroché une note dans la salle des employés qui disait qu’Arielle avait autant de droits qu’elle sur ce qui se passait dans le restaurant lors de son
absence et qu’il fallait que nous, les employés, on « deal » avec ça. J’ai donc eu ma réponse…Jamais Élise, qui pourtant est la patronne, n’a demandé à me parler ou rien. Quand je la croisais, c’est comme si je ne lui avais jamais rien texté. Je me suis dite que ça allait juste rester comme ça.

Mais mercredi dernier, le 13 décembre 2017, à 13h14 juste avant mon shift de 17h00, je
reçois un message texte de la part d’Élise disant ce qui suit.

« Bonjour Sarah, désolé de t’apprendre ça par texto, mais Antidote n’aura plus besoin de
tes services. Je te remercie de ta compréhension, si tu as des questions, texte-moi. Bonne
chance pour la suite. Élise. »

Je n’en revenais pas que je venais de perdre ma job comme ça, d’un claquement de doigts. Je l’ai évidemment retexté pour comprendre son motif, mais elle ne m’a jamais réécrit. J’ai contacté les Normes du travail, pour savoir si j’avais droit au moins à un deux semaines d’avis ou une rémunération quelconque. Ils m’ont dit que non, parce que ça ne
faisait pas trois mois….Il me manquait seulement 5 jours avant que ça fasse trois mois. Les employé-e- s du restaurant Antidote se tiennent maintenant les fesses bien serrées et ont peur de perdre leur emploi comme moi. Arielle est toujours bien présente là-bas. Moi aussi j’ai peur qu’elle renvoie d’autres employé-e- s.

J’ai fait une demande de chômage, mais je sais déjà que je n’ai pas assez d’heures. J’ai vendu ma voiture à la scrap, ça va me permettre d’avoir au moins le mois de janvier d’assuré avec un toit sur la tête, à moi et mon fidèle chien. Pour la suite je ne sais pas et j’avouerai que ça me fait peur. J’espère vite me trouver un autre emploi. Merci de m’avoir lu et sil-vous- plaît partagez en grand nombre, en solidarité avec celles et ceux qui vivent de l’intimidation au travail.
On doit se serrer les coudes. Good Bye.

 

 

 

Crédit Photo: Le Huffington Post Québec.
18 réponses
  1. Joe
    Joe says:

    Vraiment triste à lire ça! Je ne sais pas pourquoi, mais j’avais toujours présumé que les restos véganes étaient différents des autres. Ça doit être dû à l’effet de halo autour du véganisme. Finalement, ça me rappelle que les abus de pouvoirs se retrouvent partout. C’est vrai que les employés là-bas, en général, ont l’air vraiment stressés.

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    • Jacinthe
      Jacinthe says:

      Ça s’explique probablement en grande partie par le fait que la plupart des gens confondent végétalisme et véganisme, même des végétaliens et des véganes. Un restaurant végane, c’est à peu près impossible à mettre sur pied, ce serait trop compliqué à moins qu’il cultive lui-même tous ses ingrédients sans intrant d’origine animale. Le véganisme s’oppose à toute forme d’exploitation, mais le végétalisme est simplement un régime alimentaire qui exclut les ingrédients d’origine animale, pour quelque raison que ce soit et ne s’oppose pas nécessairement aux différentes formes d’oppression. Antidote n’est pas un restaurant végane, même si c’est ce qu’ils affirment, c’est un resto végétalien.(Ce qui n’excuse rien bien entendu et on pourrait s’attendre aussi à ce que des gens qui font la promotion du végétalisme aient un sens de l’éthique plus élevé que la moyenne.)

      Aussi, il n’y a pas de comité d’admission et n’importe qui peut se proclamer végane, qu’il adhère réellement aux valeurs et aux principes du véganisme ou non. Souvent, c’est surtout une question de «coolitude», ça paraît tellement bien de se dire végane! Et quand on se flatte de se trouver vraiment «hot», notamment quand on gère un resto couru comme l’est celui-ci, on peut s’enfler la tête et se croire autorisé.e à marcher sur plus petit que soi… Ce qui n’a franchement rien à voir avec le véganisme et a même tendance à s’y opposer.

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      • Etienne
        Etienne says:

        “Un restaurant végane, c’est à peu près impossible à mettre sur pied, ce serait trop compliqué à moins qu’il cultive lui-même tous ses ingrédients sans intrant d’origine animale.”

        C’est n’importe quoi ce que tu dis, Jacinthe. Un resto n’a pas besoin de cultiver sa propre bouffe pour être végane. C’est du purisme ridicule ce que tu dis. Un resto qui ne vend aucun produit animalier car il est motivé de façon éthique à l’être est végane par définition. Il n’y a pas de véganisme parfait, c’est toujours une question d’intention et de minimiser notre impacte. Ce n’est pas parce que je mange une banane importer d’un pays pauvre et qui n’est pas “Fair Trade” que je ne suis pas végane. Cet esprit divisif et “holier-than-thou” n’avance aucunement la cause.

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  2. Simon
    Simon says:

    Je travaille dans une chaine de restos vegans et effectivement, ce sont les mêmes connards que les autres. Mais comme la loi est de leur côté, ça n’a rien d’étonnant.

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  3. Marie-Eve
    Marie-Eve says:

    Sarah, si tu lis ça, fais toi un gofundme. C’est l’hivers et je suis certaine que je ne suis pas la seule à vouloir t’aider à pas te retrouver dehors. Le monde de la restauration est sans coeur.
    Amours et soutien.

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    • Carl Bechard
      Carl Bechard says:

      C triste très très triste de lire ça et oui il viennent de me perdre comme client et oui si je peut t aider toi et ton fidèle compagnon moi et mon conjoint ça va nous faire plaisir contact moi par Messenger en priver
      carl Béchard 👍🏻

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  4. Caroline
    Caroline says:

    Sarah, si tu es disponible, on a un contact au CJE Hochelaga-Maisonneuve qui cherche des personnes pour le 30-31 décembre pour les festivités. C’est un poste d’entretien à l’exterieur et l’autre pour la mise en place d’une salle. Si tu es intéressée, passe au 3440, Ontario Est au 3ème étage pour donner ton nom. (On est en face de l’antidote, au dessus de l’armee Du salut)

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  5. Charlotte
    Charlotte says:

    Ces comportements sont vraiment inadmissibles et injustes. Moi qui étais cliente, je n’y retournerai pas.

    Sans compter que mon conjoint a vécu le même genre de situation le mois dernier dans un commerce bien connu du quartier, non loin d’Antidote (congédié un matin par le pauvre gérant à qui la tâche avait été lâchement attribuée par la patronne qui, comme dans le cas de la patronne de Sarah, a préféré évité la confrontation et ne lui aura jamais donné d’explication directe). Une de ses collègues a fini par démissionner peu de temps après, convaincue que ce serait bientôt son tour.

    La façon dont Sarah raconte son expérience rappelle vraiment ce qu’il a vécu pendant qu’il travaillait là-bas (le même genre de situations, les tensions, le silence, etc). Je ne comprends pas tous ces patrons de petites entreprises, en plus soi-disant éthiques, qui ne sont pas capables de respecter leurs employés et de communiquer avec eux quand il y a un problème à régler. Cela explique mieux le turnover incessant. Ils ne méritent pas leurs employés, ni leurs clients. À ce rythme-là, je vais finir par boycotter toute la rue.

    J’espère que Sarah va retrouver un emploi très vite, et une meilleure expérience. Je lui souhaite de tout coeur.

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  6. Sylvie
    Sylvie says:

    Wow je trouve ça génial ce que facebook peut faire, si chaque personne vivant un congédiement injustifié faisait ça, je crois que ça changerait bien la face de l’emploi. Bonne chance Sarah, je suis certaine que tu vas trouver quelque chose très bientôt, car tu me sembles une jeune femme très équilibrée et vaillante. Câlins xx Sylvie

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  7. Mary
    Mary says:

    si jamais, j’ai vu ça passer : Notre plongeur actuel va retourner aux études dés le mois de janvier et nous recherchons un plongeur pour compenser ses heures soit le mardi et le mercredi.
    Il y aura plus d’heure en janvier dés que l’horaire de notre plongeur sera disponible !
    Ou : Tandem restaurant dans Villeray à Montréal ( Métro jarry et Jean Talon)
    Horaire : mardi et mercredi dés 17h30 jusqu’a fermeture (minuit) !
    Vous voulez rejoindre une équipe dynamique et vous avez pas peur de travailler ! Vous êtes en forme, souriant et vous aimez le travaile bien fait ! Vous pouvez vous présenyer en personne du mardi au samedi entre 15h30 et 17h30 ou envoyez un cv : tandemrestaurant@gmail.com

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  1. […] ans à m’impliquer bénévolement au Comité communication des IWW, je n’avais jamais vu cela. La petite histoire de Sarah, congédiée du comptoir végane Antidote à quelques jours de Noël, et ce après avoir vécu de […]

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